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EN
MORVAN deux élevages dominent ; le bœuf, avec
aujourd'hui la célèbre Charolaise, et le porc qui donna naissance
à une grande tradition de charcuterie Morvandelle (jambon, andouilles…)
encore très présente dans les fermes avec la traditionnelle " Saint
Cochon ", le boudin noir, grêle mais aussi dans l'industrie (Dussert
à Arleuf). Plat d'hiver, très convivial, la potée morvandelle, accompagnée
de choux, de navets et de pommes de terres est souvent partagée
entre amis. Le lard accompagne les légumes dans presque tous les
plats du Morvan jusqu'au pain dans la galette aux griaudes, crapiau,
beursaudes. L'élevage des bovins a été un peu modifié par la modernité,
aujourd'hui, les agriculteurs ne les engraissent plus mais vendent
pour l'exportation, la majorité de leur production à l'état de broutard
(jeune vache maigre). Néanmoins la viande Morvandelle reste l'une
des meilleures que l'on puisse trouver. Le pot au feu et la tourte
morvandelle sont encore très appréciés. On dit que, autrefois, dans
toutes les fermes du Morvan, pour le mardi-gras, maîtres et domestiques
trempaient une branche de buis (bénît aux Rameaux) dans le bouillon
du pot au feu et en aspergeaient l'habitation et les communs. Ce
rite avait pour but de chasser les serpents qui tétaient les vaches.
Et tous pendant la cérémonie chantaient : " Sarpent, Sarpent, vais-t-en,
Vouéchi l'bouillon de Cairmentran… ". Le mouton et le veau étaient
appréciés très jeunes : agnelle morvandelle. Les volailles, plat
du dimanche par excellence, étaient cuisinées en mijotée, civet
d'oie, caneton aux navets de Jarnoy, dinde aux marrons, poulet cocotte
(laisser cuire sur le coin du feu pendant des heures), sanguette…
La
gastronomie Morvandelle est très imprégnée du gibier, on y cuisine
le sanglier et le lièvre comme nul part ailleurs, mais aussi : grives,
cailles, alouettes. Autrefois en Morvan on appréciait la châtaigne
sauvage, mais cette tradition se perd et s'essouffle faute de châtaigniers.
Le Morvan, pays de lacs et de rivières, excelle aussi dans la préparation
du poisson : truite, carpe, brochet et friture. Autrefois les saumons
remontaient les rivières en abondance mais les grands barrages ont
eu raison de leurs migrations. Les carnets d'embauche des ouvriers
dans les fermes stipulaient qu'ils ne devaient pas manger de saumon
plus de trois fois par semaine. Grenouilles et écrevisses ont fait
le délice des gourmets modernes, en voie d'extinction, elles sont
protégées et leur chasse est interdite. Les
produits fermiers sont très utilisés et consommés en plats uniques
: œuf au vin, au jambon, omelette au jambon, aux pommes de terre…
Le
Morvan propose du miel sauvage excellent ainsi qu'un fromage de
chèvre ou de vache issu de la plus pure tradition fermière.
Le
Morvan est aussi le pays des champignons, une récolte assez "moderne
" qui n'était pas très prisée des morvandiaux jusqu'au siècle dernier
: on y trouve des ceps, girolles et dans les champs des rosés ou
des coulemelles. La forêt morvandelle sait offrir ses trésors à
qui sait encore les trouver : noisettes, noix, pissenlits, fraises
des bois, mûres… Mais les fruits sauvages tendent à disparaître
depuis que l'on utilise des produits chimiques pour défricher.
Les
légumes cultivés sur le canton n'étaient pas très variés, c'est
surtout la " treuffe ", la pomme de terre qui a toujours été la
plus appréciée, on dit même que les morvandiaux en mangeaient une,
petite, violette à la chair blanche, bien avant Parmentier. Accommodée
à toutes les sauces (en râpée, salées, en pâté, sautées…), le "pain
des pauvres " est largement représenté dans la culture culinaire
du Morvan. Les navets de Jarnoy à Alligny en Morvan accompagnaient
le civet de lièvre ou d'oie. mais aussi carottes, choux, haricots
verts, salades…
Les
desserts du Morvan sont préparés à base de fruits, pommes, poires,
coings… On trouve le crapiau aux pommes, tarte aux pruneaux, tartouillats,
beignets au caillé… Pas de vin en Morvan mais des alcools à base
de fruits, cidre, marc, eau de vie…
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